Marché

Autorisations de construire : plus de 52 000 logements

Plus de 52 000 logements ont été autorisés en Suisse en 2025, contre 41 000 en 2023. L'Office fédéral du logement y voit, dans son Aperçu du marché du logement 2/2026 paru en mai 2026, une reprise possible de la production. Le taux de vacance était de 1,00 % au 1er juin 2025.

Par Guillaume Cougard

Fondateur de Parcelle. Basé en Suisse romande.

3 min de lecture

Ce qui change

Plus de 52 000 nouveaux logements ont été autorisés en Suisse en 2025, contre 41 000 en 2023 et près de 55 000 en 2018. Ces chiffres sont ceux du Secrétariat d'État à l'économie, dans son analyse du 4 mars 2026. Le point bas de la série est passé.

L'Office fédéral du logement décrit la même reprise, avec prudence, dans son Aperçu du marché du logement 2/2026, paru en mai 2026. Les demandes de permis, après un léger recul en 2024 et 2025, sont reparties à la hausse au début de 2026. Le nombre d'autorisations de construire augmente de nouveau depuis 2024, même s'il n'a que faiblement progressé dernièrement. L'office en tire une conclusion mesurée : une reprise de la production de logements semble possible cette année.

Lecture plus récente, et plus étroite. Le 1ᵉʳ août 2026, cash rapportait une étude de Wüest Partner : 32 900 logements locatifs autorisés en douze mois, soit 11 % de plus qu'un an plus tôt. Environ 15 % d'entre eux remplaceront des logements existants. L'effet net sur le parc est donc inférieur au chiffre brut.

Impact sur votre terrain

Plus d'autorisations, cela signifie plus de projets en recherche de foncier. Si vous détenez une parcelle constructible bien desservie, la probabilité qu'un promoteur vous approche est plus forte en 2026 qu'en 2023.

La reprise ne profite pas pour autant à toutes les parcelles. Elle est portée par le logement locatif. Pour la propriété, l'Office fédéral du logement décrit une offre toujours étroite, qui alimente la hausse des prix plutôt que la construction. L'office rappelle aussi que le développement vers l'intérieur crée souvent des logements dans le tissu déjà bâti. Une parcelle isolée en périphérie de village n'est donc pas sur le même marché qu'un terrain d'agglomération capable de porter un immeuble locatif.

La détente du marché, en revanche, n'est pas là. Au 1ᵉʳ juin 2025, 48 500 logements étaient vacants en Suisse, soit 1,00 % du parc, contre 1,72 % cinq ans plus tôt. L'écart entre cantons reste considérable : 0,34 % dans le canton de Genève, 3,03 % dans le canton du Jura. Le Jura et Soleure (2,05 %) sont les deux seuls cantons à dépasser 2 %. Le taux de vacance de votre canton pèse davantage sur votre projet que la statistique nationale.

Un chiffre national d'autorisations ne dit rien de votre parcelle. Ce qui décide, c'est votre règlement communal : indice d'utilisation du sol, affectation, distances. La mise à l'enquête est, dans la plupart des cantons romands, une procédure communale de trente jours ouverte aux oppositions. Le canton de Genève fait exception : l'autorisation y est cantonale. Selon la loi sur les constructions et les installations diverses, les demandes sont adressées au département (art. 2 al. 1), l'Office des autorisations de construire étant l'office qui les instruit. Toutes les demandes sont rendues publiques par une insertion dans la Feuille d'avis officielle (art. 3 al. 1).

Un dernier repère pour situer l'ampleur réelle de la reprise : environ 46 700 logements ont été terminés en 2023, contre un peu plus de 53 000 en 2018. Autoriser n'est pas construire, et le délai entre les deux se compte en années. Si vous envisagez de vendre votre terrain ou d'estimer sa valeur, datez vos comparables : un prix de 2023 et un prix de 2026 ne racontent pas le même marché.

Avant toute décision, demandez un extrait du cadastre des restrictions de droit public à la propriété foncière auprès de votre commune et consultez un architecte.

Sources

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